Deuil en 24 heures, 1942

Brentano’s, New York, 1942

Brentano’s, New York, 1942

Grasset, 1946

Grasset, 1946

Club français du livre, 1965

Club français du livre, 1965

Julliard, 1966

Julliard, 1966

Livre Club Diderot, 1977 (in Œuvres)

Livre Club Diderot, 1977 (in Œuvres)

Temps actuels, 1982

Temps actuels, 1982

Ce roman, dont tous les personnages sont imaginaires dans la mesure où l’imaginaire est fait de bribes de réalité, a été écrit en 1941 et a paru en 1942, à New York, en français d’abord, puis en anglais, pour être, par la suite, publié ailleurs, et dans d’autres langues. Depuis près de cinq ans, l’auteur attend d’être lu par ceux qui, soldats comme lui, ou civils, avaient été charriés, à leur cœur défendant, le long des routes de la débâcle et, un soir, au micro, avaient entendu, avec plus de désespoir que d’étonnement et plus de rage que de désespoir, la voix chevrotante de la trahison.

Vladimir Pozner
Paris, juin 1946

Les premiers mots

Il est faux qu’on ne meut qu’une fois.
Ensuite, ce fut le silence. Il dura. Dubois ne bougeait pas. Aplati sur sa paillasse, les bras collés le long des cuisses, il écoutait. La porte ne battait plus. L’air de la nuit pénétrait dans la cabane. C’était le seul mouvement. Un mouvement sans bruit. Avant, l’air de la nuit était autre. Il charriait des coassements de grenouilles, des sifflets de locomotives. Il s’était enflé, avait crevé, déferlé. Il n’y avait plus de bruit.

A propos de…

C’est un roman terrifiant, un roman qui devrait être lu par tous les Américains. Il existe des livres qui racontent l’histoire des hommes et des femmes consumés par les flammes de la guerre qui fait rage d’un bout à l’autre de la terre, mais ce roman les domine de loin.

Erskine Caldwell, 1942

Deuil en 24 heures, de Vladimir Pozner, est de loin le meilleur roman issu jusqu’à présent de cette guerre – et il n’y a guère de meilleur roman issu de quelque guerre que ce soit.

Dashiell Hammett, 1942

Le sujet est incomparable ; on dirait que l’art du roman ne pourra jamais l’égaler ; Pozner y parvient, et c’est en toute simplicité, à force d’avoir vécu intensément ce que d’autres n’avaient fait que subir.
Les romans de guerre passés, de Zola, et même de Barbusse, ne permettaient, en guise de conclusion, que de vagues prévisions à long terme. Ici, par contre, l’avenir, déjà entré en action, ne semble plus admettre ni délai ni subterfuge.
Le livre de Pozner nous aide à garder notre courage ; et c’est de cela et de bien d’autres choses que nous le remercions.

Heinrich Mann, 1942

Avec une simplicité frappante, Pozner rapporte ce qu’il a vu et ressenti… Quoiqu’il décrive, cela acquiert une telle vérité parce qu’il le voit avec humanité à travers les yeux des gens.

Marianne Hauser, New York Times, 1942

Je sais que je ne veux rien manquer de ce que Pozner écrira dorénavant. La vérité est à elle seule une qualité assez rare, mais quand cette vérité est rendue par un styliste doué et subtil, nous sommes très près de ce que la littérature peut produire de meilleur.

Kay Boyle, The Nation, 1942

Merci, cher Ami, de nous avoir envoyé Deuil en 24 heures, qui reste le meilleur témoignage écrit sur la débâcle de 1940. Nous le relisons avec le même plaisir que nous avions éprouvé à le lire à New York – si l’on peut parler de « plaisir » quand il s’agit d’une évocation de si sombres jours.

Pierre Cot, lettre à Pozner, 1946

Le livre est avare de paroles.
Il est localisé et précis comme un bon cardiogramme.
On ne lit pas un pareil livre les yeux pleins de larmes. On le lit en se rappelant sa propre vie ; on le lit en se répétant ses paroles à voix basse et en sentant l’amertume dans sa bouche.
C’est un bon livre : il ne se borne pas à laisser un goût amer, il rend la vue nette.

Victor Chklovski, 1965

Ici, protéiforme, Pozner est au cœur de la mêlée et nous décrit ce que fut vraiment la Route des Flandres, au-delà du roman-recherche élaboré après coup.
Un monument, peut-être, que ce Deuil en 24 heures.

Pierre-Jean Rémy, préface à Œuvres de Vladimir Pozner, 1977