Mal de lune, 1974

Mal de lune - Julliard, 1974

Julliard, 1974

Un roman d’anticipation ?
Un roman d’amour ?
Un roman d’aventures ?
Tout cela, et plus encore : la transcription d’une bande magnétique retrouvée sur la Lune.

Les premiers mots

Je dois m’exprimer avec exactitude et précision. C’est d’autant plus difficile que, faute de pouvoir dégager l’inconnue, je ne sais distinguer les détails qui comptent de ceux qui ne méritent aucune attention. Il peut donc arriver que je fasse mention d’incidents sans conséquence en omettant de noter certains faits dont tout risque de dépendre. Dans la mesure où je ne suis pas à même d’interpréter le passé, il m’est impossible de présager le dénouement qui peut survenir pendant que je prononce n’importe lequel de ces mots. Je pourrai m’en défendre ou du moins réduire les risques en résumant mon histoire en une seule phrase qui par contre n’apprendrait rien aux autres ni à moi-même. Au risque d’être interrompu une fois pour toutes, je dois m’appliquer à énumérer dans l’ordre chronologique la totalité des circonstances que j’ai retenues, sans me permettre de supprimer celles dont j’ai l’impression qu’elles sont inutiles, comme par exemple le déplacement de mon fauteuil, roulant le long du pupitre, ou le bref air arythmique qui résonne à intervalles réguliers pour m’éviter, autant que la dragée que je prends au début du travail, de succomber à la solitude ou à la monotonie, les deux peut-être, et de subir un accès d’inattention.

A propos de…

Il bondit franchement au-dessus des siècles et, à travers la description d’une vie lunaire imaginaire, se livre à une satire de ce que sera notre vie demain, si elle ne l’est déjà.

Paul Morelle, Le Monde, 1974.

Mal de lune a les qualités de Swift.

André Wurmser, L’Humanité, 1974

Dans ce roman de science-fiction, un habitant de la Lune se retrouve sur notre planète que ses ancêtres avaient dû abandonner après la grande catastrophe. Découverte du chuchotement de l’eau vive, du murmure du feuillage, de l’écho de la voix… Vladimir Pozner avait dédié son livre « à Nicolas, Christophe, Juliette, Sébastien, Nathalie, Daniel, pour qu’ils prennent garde ».

Alain Lance, Europe

Il semble bien que la Lune, où se sont réfugiés les humains après la « Grande Catastrophe », figure la société future conçue par les technocrates, avec ses techniciens, privilégiés ou parias, sa police sanitaire, ses écrans-espions, son matraquage audio-visuel et son ennui. Exilé sur Terre, le héros y découvre le miracle de la lumière, de l’herbe, de l’eau, des oiseaux, de Tune, la dernière Terrienne, géante aux flancs généreux.
Une assez rare combinaison de réalisme et de fantastique.

France-Soir, 1974

Il n’y a pas un livre de Pozner qui n’aille, avec un talent d’une originalité jamais mise en défaut, à l’essentiel. Mal de lune n’échappe pas à la règle. L’écrivain qui sut, hier, nous rendre aussi passionnantes que s’il les avait inventées les histoires vraies de personnages réels, nous propose ici une fiction totale, un roman d’anticipation, l’aventure extraordinaire d’un Lunaire, avec un art du suspense qui dure jusqu’à la dernière page, nous rivant à ce livre.

Jean Spangaro, L’école et la nation, 1974

Odyssée planétaire où nous redécouvrons nos hantises les plus quotidiennes ? Peut-être. Les protagonistes de Mal de lune nous entraînent dans ces lieux où la mémoire se laisse aller à ne plus distinguer les Lunaires des Terriens, le jour et la nuit, la folie de la raison et ces sommeils qui engendraient autrefois des monstres…

Armand Rapoport, France nouvelle, 1974