Mille et un jours, 1967

Julliard, 1967

Julliard, 1967

Un voyage dans l’Espace ?
Oui, à Samarkand, boulevard Gorki, bras dessus bras dessous avec Shéhérazade ; au-delà du cercle polaire, en hélicoptère, survolant la toundra et les troupeaux de rennes ; dans un kolkhoz du Tadjikistan, à la frontière afghane, où les écoliers apprennent la physique nucléaire ; dans une nouvelle cité de Sibérie dont les habitants ont en moyenne trente-deux ans.
Un voyage dans le Temps ?
Oui, les Daghestanais viennent d’émerger du servage, les Ouzbeks du Moyen Âge, les Nénetz de la préhistoire. Et l’auteur qui, enfant, a vu par ses fenêtres la Révolution d’octobre, retrouve ses camarades de classe, celle dont le père a ramené à la maison, la nuit du 7 novembre 1917, Lénine et sa femme, celui qui a été déporté, et tant d’autres qui racontent leur vie.

En exergue

… nous citerons les choses vues comme vues,
celles entendues comme entendues, afin que notre livre
soit correct et sincère sans nul mensonge.
Quiconque entendra ce livre ou le lira, le devra croire,
parce que toutes choses y sont réelles.

Marco Polo

Les premiers mots

Le plus important est de retrouver la fenêtre. La rue a beau avoir changé de nom, j’y reviendrais les yeux fermés. Il suffirait de regarder pour reconnaître la maison. Mais la fenêtre qui donne sur mon enfance, qui s’est ouverte il y a cinquante ans, par une journée d’octobre, fraîche et humide, sur la révolution ?

A propos de…

Avec un ouvrage comme l’admirable Mille et un jours de Vladimir Pozner, c’est une Russie vivante, humaine, étrangère à ses structures, qui s’agite, souffre, rêve et aime. A travers ses souvenirs, Pozner replace l’immense Russie au cœur du temps et de l’espace.

Jean-François Kahn, L’Express, 1968

Ce qui frappe à travers son récit, c’est l’immensité du pays, le « sentiment de l’espace », semblable, probablement, à celui que donne le continent américain. C’est ensuite l’infinie diversité des types humains et le travail prodigieux qu’a accompli le régime pour faire accéder des millions d’hommes à un même étage de civilisation. La conquête du savoir pouvait-elle s’accommoder de la tyrannie politique ? A mots feutrés et sous différentes formes, Pozner cherche à se renseigner.

Maurice Nadeau, La Quinzaine littéraire, 1967

Vladimir Pozner est revenu cinquante ans après dans Leningrad à la recherche de son enfance. Destin certes peu banal que celui de cet écrivain français errant au bord de la Néva pour rencontrer les rêves, les tragédies et l’exaltation de ses jours d’enfance. Cette promenade va se poursuivre par d’immenses coups d’aile, du cercle polaire au Tadjikistan, d’Arkhangelsk au Caucase.

Pierre Gamarra, Europe, 1967

Vladimir Pozner présente Mille et un jours à Youri Gagarine, premier homme dans le cosmos. Paris, 1967. Photo André Pozner

Vladimir Pozner présente Mille et un jours à Youri Gagarine, premier homme dans le cosmos. Paris, 1967. Photo André Pozner