Le Mors aux dents dans Le Monde des livres

Vladimir Pozner par Willy Ronis.

Vladimir Pozner par Willy Ronis.

Dans Le Monde des livres, Vladimir Pozner lu et vu par l’écrivain Dominique Desanti et le photographe Willy Ronis

Gengis Khan contre LĂ©nine
Le Mors aux dents, de Vladimir Pozner

Vladimir Pozner (1905-1992) parlait quatre langues, mais tous ses livres sont Ă©crits en français. Il est nĂ© et mort Ă  Paris. Il avait 26 ans quand son grand aĂ®nĂ© en songes insensĂ©s, Blaise Cendrars, lui posant sur l’Ă©paule son bras unique de grand mutilĂ© de guerre, lui demanda : “Pour ma collection, fais-moi donc une vie d’aventurier russe contemporain.” Des aventuriers russes ? On lui en cite dix. Lui a cherchĂ© son contraire le plus absolu : Ungern, gĂ©nĂ©ral balte des armĂ©es blanches (Ungern en allemand veut dire “pas volontiers”). La quĂŞte dura longtemps. Le Mors aux dents, dit Claude Roy, est “un livre sang et steppe”. (…)

Dominique Desanti, Le Monde, 25 novembre 2005

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Le Mors aux dents

“Fils de Gengis Khan, me suivrez-vous ?”

« (…) Le Mors aux dents n’a rien à envier à la frénésie d’un Moravagine. Menée bride abattue, la prose halète et se hachure. Froide comme la pupille d’un Balte, l’écriture de Pozner est une lame de tachour qui plonge jusqu’à la garde. Elle frôle et perce comme une bourrasque sibérienne. Comme le vent de l’histoire, elle charrie des odeurs de chair calcinée, des cris de femme qu’on moleste, des ordres aboyés, des lamentations.
La collection Babel ne pouvait donc mieux commémorer le centenaire de la naissance de Vladimir Pozner qu’en republiant son texte le plus cravaché. »

Frédéric Saenen

Le Mors aux dents de Vladimir Pozner,

Le Mors aux dents de Vladimir PoznerrĂ©Ă©ditĂ© Ă  l’occasion du centenaire de l’Ă©crivain (Babel / Actes Sud)

En 2005, le centenaire de l’écrivain Vladimir Pozner (1905-1992) a Ă©tĂ© marquĂ© par des Ă©vĂ©nements de premier plan. Au mois de fĂ©vrier, un colloque de deux jours a rĂ©uni Ă  la Maison des Ă©crivains (rue de Verneuil, Paris) de nombreux intervenants, parmi lesquels Jorge Semprun, Christian Bourgois, Jack Ralite, Pierre-Jean RĂ©my, Jean-Pierre Faye… Et au printemps dernier, France Culture lui a consacrĂ© une belle Ă©mission (“Vladimir Pozner – Sur les traces de Volodia”, 2 heures rĂ©alisĂ©es par C. Pont-Humbert et diffusĂ©es le 14 mai).

Aujourd’hui, Actes Sud réédite Le Mors aux dents dans sa collection de poche Babel. Un livre flamboyant, plein d’ombre et d’espoir. Un livre paru pour la première fois en 1937 – époque troublée –, et qui n’a rien perdu de son actualité.
Jorge Semprun dĂ©clarait rĂ©cemment : “C’est le premier livre de Pozner que j’aie lu. J’avais 16 ans, et je ne sais par quel hasard quelqu’un m’a fait lire ce livre. Je n’ai connu Pozner que 12 ans plus tard, après la Seconde Guerre mondiale. Mais ce livre-lĂ  m’est restĂ© comme une rĂ©vĂ©lation.”

Le Mors aux dents :
http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/le-mors-aux-dents

Pozner chez Actes Sud :
http://www.actes-sud.fr/contributeurs/pozner-vladimir

En quatrième de couverture…

Au lendemain de la révolution d’Octobre 1917, le baron Ungern s’insurge contre le pouvoir soviétique. Il prend les armes, réunit des partisans, chasse la garnison chinoise d’Ourga, conquiert la Mongolie et s’avance vers Pékin avec un seul but : reconstituer l’empire de Gengis Khan, quitte à torturer et à massacrer des milliers d’hommes.
MĂŞme parmi ceux qui l’ont cĂ´toyĂ©, peu le connaissent : est-ce un fou sanguinaire, un militaire ambitieux, un bouddhiste convaincu ou un aristocrate courtois ? Le “baron sanglant”, personnage authentique et insaisissable, semble appartenir Ă  la lĂ©gende. Seul un romancier d’exception pouvait relater sa grandiose et dĂ©risoire Ă©popĂ©e. Vladimir Pozner en retrace les Ă©tapes sur un rythme Ă©tourdissant, avec cette Ă©criture âpre et rapide qui assura au Mors aux dents – dès sa première publication, en 1937 – un succès qui ne devait pas se dĂ©mentir.

NĂ© en 1905 Ă  Paris, de parents russes immigrĂ©s, Vladimir Pozner s’est rendu cĂ©lèbre par ses romans novateurs (Les Etats-DĂ©sunis, Deuil en 24 heures, Le Lieu du supplice…). Il est mort Ă  Paris en 1992. Cet Ă©crivain, dont la publication dans la collection Babel marque le centenaire, cĂ´toya les plus grands et fut notamment saluĂ© par Blaise Cendrars, AndrĂ© Breton, Dashiell Hammett ou Claude Roy, qui Ă©crivait : Le Mors aux dents, cette Ă©popĂ©e infernale, ce livre sang et steppe !”

Vladimir Pozner, Le Mors aux dents
Actes Sud / Babel n° 711