Le fond des ormes, 1986, en librairie

Le fond des ormes - Actes Sud, 1986 en librairie

Actes Sud, 1986 en librairie

Pour faire parler avec tant de justesse un enfant de cinq ans, peut-être fallait-il les quatre-vingts ans de Vladimir Pozner. Voici en tout cas Didier qui s’éveille au monde à l’époque de Seveso et, prenant en amitié un homme qui pourrait être son grand-père, écrivain de son état, découvre avec lui, en se baladant au « Fond des Ormes », la vie, la mort et la fragilité des choses. C’est l’écrivain qui rapporte l’histoire de cette éphémère connivence et il le fait avec, en même temps, l’art subtil du scénariste et la clairvoyante prudence de l’amateur de secrets.

Hubert Nyssen et Bertrand Py (Actes Sud)

Les premiers mots

Un oiseau, noir de la queue au bec, survola l’enfant qui leva la tête, le suivit du regard et l’écouta siffler.
Nos maisons étaient placées dos à dos. Je le surveillais de l’autre côté de la haie : je le connaissais encore peu mais il m’attirait. Je devinais qu’il ignorait le nom du merle pour la simple raison qu’il ne savait pas encore parler, je le soupçonnais de reconnaître le chant : à voir son expression, il devait avoir l’oreille juste.
J’étais installé près de la fenêtre ouverte, m’efforçant d’exercer mon métier, devant le bureau, à hauteur de la machine à écrire, et c’est ce qui l’intriguait.

A propos de…

Tout cela remue chez le lecteur une masse d’impressions passées, de souvenirs oubliés, inconscients, que le récit fait obscurément remonter vers la surface sans jamais la franchir, ni même l’atteindre. Je sors tout remué de cette lecture.

Vercors, 1986

Un roman bouleversant qui ne hausse jamais le ton, Le fond des ormes tresse subtilement l’histoire d’une vie – celle d’un garçon qui perd prématurément sa mère – à la douleur de voir la nature mutilée.

Jean-Pierre Léonardini, L’Humanité, 1992